Ce que disent les derniers chiffres officiels
La dernière photographie complète du secteur date de fin 2025. L'Observatoire national des transports publics particuliers de personnes (ONT3P) et le service statistique du ministère (SDES) ont publié le 15 décembre 2025 les résultats portant sur l'année 2024.
Le chiffre central : 71 300 chauffeurs VTC actifs en 2024. C'est 27 % de plus qu'en 2023, et 51 % de plus qu'en 2022. Autrement dit, en deux ans, le secteur a gagné une moitié d'effectifs.
Autre donnée parlante : près d'un tiers de ces chauffeurs, soit environ 22 500 personnes, n'étaient pas inscrits sur les plateformes l'année précédente. La profession se renouvelle vite.
| Référence (source ONT3P / SDES) |
Donnée officielle |
| Chauffeurs VTC actifs en 2024 |
71 300 |
| Hausse sur un an (2023 → 2024) |
+27 % |
| Hausse sur deux ans (2022 → 2024) |
+51 % |
| Nouveaux chauffeurs arrivés en 2024 |
environ 22 500 (un tiers) |
| Courses réalisées en 2024 |
plus de 100 millions (+16 % sur un an) |
À noter : « chauffeur actif » désigne un chauffeur ayant réalisé au moins une course sur une plateforme dans l'année. Ce n'est pas la même chose que le nombre de cartes professionnelles délivrées, ni que le nombre d'entreprises inscrites au registre des exploitants (REVTC), qui approchait 60 000 début 2024. Un chauffeur peut détenir la carte sans être actif, ou l'être quelques mois seulement.
Une activité toujours très concentrée
La croissance des effectifs n'a pas dispersé l'activité sur le territoire. En 2024, plus des deux tiers des courses partaient encore d'Île-de-France.
| Territoire |
Part des courses (2024) |
| Île-de-France |
69 % |
| Alpes-Maritimes |
4 % |
| Rhône |
3 % |
| Bouches-du-Rhône |
2 % |
La conséquence est directe : les nouveaux arrivants se concentrent là où la demande est la plus dense, ce qui y intensifie la concurrence entre chauffeurs. Les zones où l'offre reste plus rare se trouvent surtout hors des grandes métropoles, un point que nous avons détaillé dans notre article sur les départements où l'offre VTC reste limitée.
Pourquoi cette poussée
Trois facteurs se cumulent. L'accès au métier reste ouvert : une formation, un examen, une carte professionnelle, sans numerus clausus national. La demande a continué de progresser, avec plus de 100 millions de courses en 2024. Et le métier attire des profils en reconversion ou en quête d'un complément de revenu, souvent séduits par la promesse d'horaires libres.
Reste que « s'inscrire » et « en vivre » sont deux choses différentes. Le renouvellement rapide des effectifs, avec un tiers de nouveaux entrants chaque année, suggère aussi que beaucoup arrêtent après quelques mois.
Ce que la hausse change concrètement
Pour quelqu'un qui vise le métier en 2026, trois effets méritent l'attention.
La concurrence. Plus de chauffeurs sur une demande qui progresse moins vite que les effectifs, cela tire mécaniquement vers le bas le nombre de courses par chauffeur, surtout aux heures creuses et hors des pics.
Les revenus. Le rapport 2026 de l'ARPE documente un pouvoir d'achat horaire en baisse sur cinq ans, malgré un revenu minimum garanti de 30 euros par heure d'activité et un tarif plancher de 9 euros par course. Nous l'avons analysé en détail dans notre article sur le rapport ARPE 2026.
Les délais d'accès. L'afflux de candidats pèse sur la chaîne administrative. Certaines préfectures affichent des délais tendus pour la délivrance ou le renouvellement de la carte professionnelle, un sujet traité dans notre article sur les préfectures saturées.
Faut-il encore se lancer en 2026 ?
Les chiffres n'interdisent pas d'entrer dans le métier, ils invitent à le faire les yeux ouverts. Le marché n'est pas fermé, mais il est plus disputé qu'il y a deux ans, et l'écart se creuse entre les chauffeurs qui optimisent leur activité et ceux qui la subissent.
Deux leviers pèsent lourd : le choix du territoire, car se lancer dans une zone déjà saturée n'a pas le même rendement qu'une ville moyenne en tension (voir nos opportunités en province), et la maîtrise des coûts, du carburant à l'assurance, qui déterminent le revenu net réel bien plus que le chiffre d'affaires brut.
Points clés à retenir
- 71 300 chauffeurs VTC actifs en France en 2024, dernier chiffre officiel complet (ONT3P/SDES, publié le 15 décembre 2025).
- Une hausse de 27 % sur un an et de 51 % sur deux ans.
- Environ un tiers des chauffeurs actifs venaient d'arriver, signe d'un fort renouvellement.
- L'activité reste concentrée : 69 % des courses partent d'Île-de-France.
- Le « +27 % » décrit l'année 2024, pas 2026 : aucun décompte officiel plus récent n'a encore été publié à la mi-2026.
- Concurrence accrue, pression sur les revenus et délais d'accès sont les trois effets à anticiper avant de se lancer.
Questions fréquentes
Combien y a-t-il de chauffeurs VTC en France ?
Le dernier chiffre officiel complet fait état de 71 300 chauffeurs actifs sur les plateformes en 2024. C'est le décompte des chauffeurs ayant réalisé au moins une course dans l'année, publié par l'ONT3P et le SDES en décembre 2025.
Le chiffre de « +27 % » concerne-t-il 2026 ?
Non. Cette hausse de 27 % compare 2024 à 2023. Elle a été souvent reprise à tort comme un chiffre 2026. À la mi-2026, aucun décompte officiel plus récent des effectifs n'a été publié.
Le métier est-il saturé ?
Le mot est excessif au niveau national, mais la concurrence s'est nettement intensifiée dans les grandes agglomérations, Île-de-France en tête, où se concentre l'essentiel de la demande. Les marges de manœuvre existent surtout dans les villes moyennes et sur des créneaux spécialisés.
Peut-on encore bien gagner sa vie en VTC en 2026 ?
C'est possible, mais moins automatique qu'avant. Le pouvoir d'achat horaire recule sur cinq ans d'après l'ARPE. Le revenu net dépend fortement du territoire choisi, du temps de connexion et de la maîtrise des charges, carburant et assurance en tête.
Quelle différence entre chauffeurs « actifs » et cartes professionnelles ?
Un chauffeur actif a réalisé au moins une course dans l'année sur une plateforme. Le nombre de cartes professionnelles délivrées et le nombre d'entreprises inscrites au registre des exploitants (REVTC, près de 60 000 début 2024) sont des indicateurs distincts, en général supérieurs au nombre de chauffeurs réellement actifs.