Une vague attendue, mais encore sous-estimée
Depuis la réforme de 2017, la carte professionnelle VTC est valide cinq ans. La première grosse vague de délivrance a eu lieu en 2021, après les confinements, quand des milliers de candidats se sont reconvertis. Ces cartes expirent en 2026. Et le rythme s'accélère depuis janvier.
Les chiffres du ministère ne sont pas encore publics pour le premier trimestre, mais les préfectures confirment la tendance. À Paris, Lyon, Marseille, les rendez-vous Qualiopi pour le stage de formation continue sont pris sur huit à douze semaines. Certains centres en Île-de-France refusent des inscriptions hors planning.
Le stage continue, en trois mots
Quatorze heures. Deux jours. Obligatoire pour renouveler.
Le contenu est cadré par l'arrêté du 6 avril 2017 : réglementation, relation client, gestion de la fatigue, sécurité routière, éco-conduite. Depuis 2024, un module sur la prévention des violences sexistes et sexuelles s'ajoute. L'examen final n'est pas évalué au sens strict, le stage est un suivi plutôt qu'un test, mais l'assiduité est contrôlée.
Le tarif varie entre 140 et 300 euros selon les centres. C'est finançable via le CPF dans la grande majorité des cas.
Pourquoi ça tend en ce moment
Trois facteurs se combinent.
D'abord l'effet millésime. Environ 60 000 cartes délivrées entre mars et décembre 2021 arrivent toutes à échéance dans la même fenêtre. Ensuite la concentration géographique : la moitié des chauffeurs VTC exerce en Île-de-France, où la densité de centres agréés est forte mais pas illimitée. Enfin, beaucoup de conducteurs ont tendance à s'y prendre tard, dans les dernières semaines avant l'expiration.
Résultat concret, certaines préfectures signalent des pics de demandes de duplicata, après des stages réalisés trop près de la date limite et des délais de traitement administratif qui dépassent les quinze jours.
Les conséquences d'un oubli
Rouler avec une carte pro expirée, c'est rouler sans titre. Le chauffeur ne peut plus exercer légalement, les plateformes suspendent le compte dès qu'elles détectent l'échéance, le risque d'amende en cas de contrôle est de 300 euros (4e classe), avec immobilisation du véhicule.
Rien n'interdit de passer le stage après expiration, mais il faut alors attendre la nouvelle carte pour reprendre. Deux à quatre semaines sans travail.
Comment s'y prendre
Vérifier d'abord la date exacte d'expiration sur la carte (recto, mention « valable jusqu'au »).
Viser le stage entre six et trois mois avant cette date. Au-delà, on risque de surcharger les centres. En deçà, on risque de manquer la fenêtre si le centre est complet.
Choisir un centre agréé par la préfecture de rattachement. La liste officielle est maintenue par chaque préfecture et reprise dans notre annuaire. Attention aux offres « formation VTC renouvellement » hors agrément, aucune n'est valable pour le stage continu.
Financer via le compte personnel de formation si possible. La plupart des centres agréés sont Qualiopi, condition obligatoire pour mobiliser le CPF.
Après le stage
Le centre délivre une attestation de suivi. Cette attestation se présente à la préfecture pour obtenir la nouvelle carte. Certaines préfectures (Paris, Bouches-du-Rhône, Rhône) le font en ligne via leur téléservice. D'autres demandent encore un passage physique ou un courrier recommandé.
Délais constatés en 2026 : quinze jours à six semaines selon la préfecture. Mieux vaut donc lancer la procédure avec marge.