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Charges du VTC auto-entrepreneur : combien reste-t-il sur 10 000 € facturés ?

Sur 10 000 € facturés, combien reste-t-il vraiment ? Cotisations Urssaf, CFE, CFP, assurance, carburant, commission plateforme : on décompose poste par poste les prélèvements qui s'appliquent à un VTC en micro-entreprise en 2026.

Le taux global Urssaf

Pour un VTC en micro-entreprise classé « Prestations de service BIC » :

  • 21,2 % de cotisations sociales Urssaf,
  • 0,3 % de CFP (contribution formation professionnelle),
  • 0,2 % de CVAE ou taxe assimilée selon la configuration.

Soit environ 21,7 % sur chaque euro facturé hors taxes.

Ce taux s'applique dès le premier euro encaissé, que l'activité soit rentable ou pas. Il ne peut pas être minoré. Il est directement prélevé chaque mois ou chaque trimestre selon votre choix de fréquence de déclaration.

Impôt sur le revenu : deux options

Barème progressif (option par défaut). L'activité VTC rentre dans le foyer fiscal global. Après un abattement forfaitaire micro de 50 % sur le CA, ce qui reste est taxé selon votre tranche marginale (0 %, 11 %, 30 %, 41 % ou 45 %).

Versement libératoire (sous condition de revenu fiscal de référence). L'IR est fixé à 1,7 % du CA, prélevé à la source chaque mois avec les cotisations sociales. Soit 23,4 % de prélèvements totaux en additionnant avec Urssaf.

Le versement libératoire est intéressant si votre tranche marginale dépasse 11 %. Sinon le barème progressif reste plus avantageux.

Les charges fixes annuelles

  • CFE (Cotisation Foncière des Entreprises) : entre 250 et 650 € selon la commune de rattachement. Exonérée la première année civile complète d'activité.
  • Assurance VTC : 700 à 1 500 € par an selon la formule et l'ancienneté du chauffeur. Les principaux assureurs sont Macif, Maaf, April, Allianz, Generali. La garantie « transport de personnes à titre onéreux » est obligatoire.
  • Abonnement pro (tablette de course, système de paiement, compteur digital) : 15 à 40 € par mois selon l'équipement.
  • Stage de formation continue : 150 à 300 € tous les cinq ans, à amortir sur soixante mois, soit 3 à 5 € par mois.

Sur une année, l'enveloppe charges fixes tourne autour de 1 400 à 2 500 € selon le niveau d'équipement et la commune de rattachement.

Les charges variables

Les postes qui bougent avec le kilométrage :

  • Énergie : 0,08 à 0,13 €/km pour un véhicule thermique moyen de segment premium, 0,03 à 0,05 €/km pour un électrique.
  • Entretien : environ 0,04 €/km (révisions, pneus, freins, liquides).
  • Franchise assurance amortie : 0,02 à 0,03 €/km selon le niveau de franchise choisi.

Budget variable réaliste sur 30 000 km annuels : environ 3 600 € pour un thermique, 1 700 € pour un électrique.

La commission plateforme

Entre 20 % et 28 % du prix de la course selon la plateforme :

  • Uber : 25 % en moyenne, avec une majoration sur les catégories premium.
  • Bolt : 20 à 22 %.
  • Heetch : 23 à 25 %.
  • Marcel : 25 %.
  • Cao Cao : 20 % (nouvel entrant en 2025, politique agressive).

La commission est déjà déduite du montant versé au chauffeur. Elle n'apparaît donc pas comme charge dans la comptabilité Urssaf, mais c'est le poste qui ampute le plus le revenu net. Un chauffeur qui facture 100 € de courses Uber reçoit 75 €, sur lesquels il paiera 21,7 % d'Urssaf : il reste ~58,75 €.

Exemple concret : 60 000 € de CA en 2026

Voici une simulation réaliste pour un VTC à plein temps (~55 heures/semaine, 30 000 km/an) :

  • CA facturé aux plateformes : 60 000 €
  • Commission plateformes (25 % moyenne) : −15 000 €
  • CA net reversé au VTC : 45 000 €
  • Urssaf + CFP (21,5 %) : −9 675 €
  • Versement libératoire IR (1,7 %) : −765 €
  • CFE + assurance + abonnement : −2 000 €
  • Essence + entretien + usage (thermique) : −5 400 €

Reste estimé : environ 21 960 € net par an, soit 1 830 € par mois.

En passant à l'électrique avec recharge domestique : économies d'environ 2 500 € par an, soit 24 460 € net.

À retenir

Un VTC qui facture 5 000 € brut par mois (avant commission) garde environ 40 % après tous les prélèvements et charges. C'est le ratio clé pour calibrer le nombre d'heures minimum nécessaires selon votre objectif de revenu personnel.

Pour vivre correctement (2 500 €/mois net) en région parisienne, il faut viser environ 6 250 € de CA mensuel, soit près de 60 heures de conduite hebdomadaire aux tarifs moyens actuels.

Les chauffeurs qui ciblent mieux (aéroports, courses longues, premium) peuvent garder davantage avec moins d'heures. Les nouveaux entrants qui acceptent tout ce qui passe restent souvent sous les 1 800 € nets, même à plein temps.

Pour financer votre entrée dans le métier, voir aussi le guide CPF et les aides au financement 2026.