Dictionnaire · Examen

Passerelle taxi VTC

Dispositif simplifié pour un chauffeur de taxi souhaitant exercer également en VTC (et inversement). Dispense de certaines épreuves d'examen.

La passerelle taxi VTC (et dans l'autre sens, VTC vers taxi) est un dispositif d'équivalence qui permet à un chauffeur déjà titulaire d'une carte professionnelle dans l'une des deux professions d'exercer également l'autre, avec un examen simplifié.

Cadre légal

La passerelle est prévue par le décret n° 2017-236 du 24 février 2017 et encadrée par les arrêtés du 6 novembre 2015 modifiés. Elle ne rend pas les deux professions équivalentes : chaque carte pro est délivrée séparément par la préfecture, mais certaines épreuves de l'examen T3P sont réputées acquises.

Principe de la passerelle

L'examen T3P (Transport Public Particulier de personnes) comporte :

  • un tronc commun : 6 épreuves théoriques partagées (réglementation commune, gestion, sécurité routière, français, anglais, langue additionnelle) ;
  • des épreuves spécifiques : 1 théorique spécifique à la profession + 1 pratique spécifique.

Grâce à la passerelle :

  • Un taxi qui veut devenir VTC est dispensé du tronc commun et ne passe que l'épreuve spécifique VTC + la pratique VTC ;
  • Un VTC qui veut devenir taxi est dispensé du tronc commun et ne passe que l'épreuve spécifique taxi + la pratique taxi.

Conditions d'éligibilité

Pour bénéficier de la passerelle, le candidat doit :

  1. Être titulaire d'une carte pro valide (taxi OU VTC) depuis au moins 6 mois au moment de l'inscription à la nouvelle épreuve ;
  2. Exercer effectivement la profession d'origine ;
  3. Avoir un casier judiciaire vierge (bulletin n°2) ;
  4. Passer la visite médicale de la nouvelle profession (la visite taxi et VTC sont globalement identiques, mais un nouvel examen peut être demandé).

Contenu des épreuves passerelle

Taxi → VTC :

  • Épreuve théorique spécifique VTC : 30 min, QCM sur tablette. Thèmes :
    • réglementation spécifique VTC (carte pro, registre EVTC, interdiction de maraude, obligations véhicule) ;
    • relation client VTC (facturation, reçu, réservation préalable) ;
    • applications mobiles et plateformes.
  • Épreuve pratique : conduite 30-45 min avec un examinateur CMA. Vérification de la conduite adaptée au VTC (conduite souple, relation client simulée, utilisation GPS).

VTC → Taxi :

  • Épreuve théorique spécifique taxi : QCM. Thèmes :
    • réglementation spécifique taxi (ADS, tarifs réglementés, maraude, stations de taxi) ;
    • utilisation du compteur horokilométrique et du terminal CB ;
    • connaissance de la topographie locale (spécifique au département).
  • Épreuve pratique : conduite avec examinateur. Vérification de l'utilisation du compteur, des manœuvres spécifiques taxi, de la connaissance de la zone.
  • NB : pour devenir taxi, il faut également obtenir une ADS (Autorisation de stationnement), ce qui est difficile (liste d'attente en mairie, 5 à 20 ans selon ville).

Coût de la passerelle

Passerelle taxi → VTC :

  • droits d'inscription CMA : ~130 € (au lieu de 221,40 € pour un examen complet) ;
  • formation complémentaire recommandée : 200-400 € (optionnel) ;
  • frais préfecture : gratuit pour la délivrance de la carte.

Passerelle VTC → taxi :

  • droits d'inscription : ~130 € ;
  • mais obtenir l'ADS: souventinabordable (valeur marchande 100 000 à 400 000 € à Paris, liste d'attente 5-20 ans ailleurs).

Intérêt de la double carte

Pourquoi un chauffeur cumulerait les deux ?

1. Double source de revenu :

  • Taxi la journée (maraude, stations) + VTC le soir (plateformes) = maximisation du taux d'activité.
  • CA combiné potentiellement 20-40 % supérieur à une activité unique.

2. Sécurité :

  • Si une plateforme VTC vous désactive, vous pouvez basculer sur l'activité taxi (et vice-versa).

3. Flexibilité :

  • Zones différentes : certains quartiers sont mieux servis en taxi (stations gares) et d'autres en VTC (quartiers résidentiels, plateformes).

Limites pratiques

1. Un seul véhicule à la fois. Vous ne pouvez pas être simultanément taxi et VTC avec le même véhicule :

  • un véhicule avec mention "TAXI" sur la carte grise est taxi ;
  • un véhicule VTC n'a pas cette mention mais porte la vignette VTC.

Pour cumuler, soit :

  • avoir 2 véhicules différents (coûteux) ;
  • changer de type d'activité selon les jours (possible mais administrativement lourd).

2. Deux registres à tenir. Taxi → registre ADS + registre taxi. VTC → registre EVTC. Doubles démarches de renouvellement.

3. Deux assurances. RC Pro adaptée à chaque activité.

4. Double comptabilité (recommandée) pour tracer les CA séparément.

Dans quel sens la passerelle est-elle la plus utilisée ?

Taxi → VTC (courant) :

  • De nombreux taxis ont ajouté le VTC pour accéder aux plateformes Uber, Bolt, etc. ;
  • Permet de travailler aussi sur des zones sans station de taxi.

VTC → Taxi (rare) :

  • Barrière de l'ADS très forte ;
  • Moins de demande, beaucoup de taxis stagnent en CA alors que les VTC peuvent progresser grâce aux plateformes ;
  • Seuls quelques cas : transmission d'ADS familiale, région rurale avec ADS disponible.

Calendrier type d'une passerelle taxi → VTC

  1. Mois 0 : décision + inscription CMA passerelle ;
  2. Mois 1 : passage de l'épreuve théorique spécifique VTC ;
  3. Mois 2 : passage de la pratique VTC ;
  4. Mois 3 : dépôt dossier préfecture pour carte pro VTC (bulletin n°2, visite médicale à jour) ;
  5. Mois 4 : réception de la carte VTC ;
  6. Mois 5 : inscription au registre EVTC (véhicule, assurance RC Pro) ;
  7. Mois 6 : activation sur plateformes Uber/Bolt → démarrage activité VTC.

Le délai total est généralement de 4 à 8 mois selon la région et la saison.