Dictionnaire · Juridique
Loi Grandguillaume
Loi du 29 décembre 2016 qui a profondément réorganisé le secteur VTC en France, harmonisé taxis et VTC, et supprimé le statut LOTI court en urbain.
Dictionnaire · Juridique
Loi du 29 décembre 2016 qui a profondément réorganisé le secteur VTC en France, harmonisé taxis et VTC, et supprimé le statut LOTI court en urbain.
La loi Grandguillaume, officiellement loi n° 2016-1920 du 29 décembre 2016 « relative à la régulation, à la responsabilisation et à la simplification dans le secteur du transport public particulier de personnes », porte le nom de son rapporteur à l'Assemblée, Laurent Grandguillaume. Elle a profondément remodelé la réglementation des VTC, comblant les vides laissés par la loi Thévenoud de 2014.
1. Suppression du statut LOTI court en zone urbaine. Avant la loi, de nombreuses plateformes VTC (Uber notamment) s'appuyaient sur des chauffeurs inscrits sous le régime LOTI (Loi d'orientation des transports intérieurs, 1982), qui permettait le transport de personnes en véhicules de 2 à 9 places. La loi a interdit ce statut aux courses urbaines à compter du 1er janvier 2018, avec une période transitoire jusqu'au 1er janvier 2020 pour laisser aux chauffeurs concernés le temps de passer l'examen VTC. Conséquence directe : plusieurs dizaines de milliers de chauffeurs ont dû valider l'examen VTC pour continuer à rouler sur les plateformes.
2. Examen unique T3P géré par les CMA. Avant 2018, l'examen VTC était organisé par la préfecture, avec des taux de réussite très variables d'un département à l'autre (de 15 % à 70 %). La loi a confié l'organisation à un opérateur unique, les Chambres de métiers et de l'artisanat (CMA), qui gèrent désormais l'examen dans toute la France selon un référentiel national commun. L'examen est maintenant constitué d'un tronc commun T3P (taxis, VTC, motos-taxis) plus une épreuve spécifique par profession.
3. Renforcement de la régulation des plateformes. La loi a imposé aux plateformes numériques de mise en relation une responsabilité solidaire avec les chauffeurs sur certains volets : vérification de la carte professionnelle, inscription au registre EVTC, assurance RC Pro. Les plateformes doivent également transmettre annuellement à l'administration des données sur leur activité (nombre de courses, CA moyen des chauffeurs, etc.).
La loi Grandguillaume reste à ce jour le texte fondateur de l'économie VTC moderne en France. Les textes ultérieurs (LOM en 2019, ARPE en 2021) la complètent sans la remettre en cause.
À rapprocher
Document obligatoire délivré par le préfet, valable 5 ans, permettant d'exercer comme chauffeur VTC après examen, casier vierge et visite médicale.
Chambre de Métiers et de l'Artisanat : organisme départemental qui organise l'examen VTC depuis 2018 et immatricule les artisans.
Examen national organisé par la CMA, composé d'épreuves théoriques (tronc commun T3P + spécifique VTC) et d'une épreuve pratique de conduite.
Loi d'orientation des transports intérieurs de 1982, cadre historique du transport de personnes. Les "LOTI courts" ont été supprimés en urbain en 2020.
Registre national des exploitants VTC tenu par le ministère des Transports. L'inscription est obligatoire pour exercer et se renouvelle tous les 5 ans.
Transport public particulier de personnes : cadre juridique qui regroupe taxis, VTC et VMDTR (motos/scooters).
Lexique
Autorisation de stationnement : "licence" de taxi permettant de stationner sur la voie publique et de marauder. Interdite aux VTC.
Autorité de régulation des plateformes d'emploi : organisme créé en 2021 qui organise le dialogue social entre plateformes VTC et chauffeurs.
Extrait partiel du casier judiciaire consulté par l'administration pour vérifier l'absence de condamnations incompatibles avec la profession VTC.
Garantie financière exigée à l'inscription au registre EVTC : 1 500 € par véhicule exploité, à justifier par attestation bancaire ou caution.